Côte d’Ivoire – Présidentielle : Pulchérie Gbalet aperçue en Belgique
La présidente du mouvement Alternative Citoyenne Ivoirienne (ACI), Pulchérie Gbalet, aurait quitté la Côte d’Ivoire avant même d’appeler à la mobilisation du 11 octobre contre un éventuel quatrième mandat du président Alassane Ouattara. Des informations recoupées par Ouest Afrik évoquent une fuite soigneusement préparée, sur fond de tensions politiques et d’enquête judiciaire.
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- Par Paul-Rigobert Kouadio
- Abidjan-Bruxelles : les zones d’ombre autour de la fuite de Pulchérie Gbalet.
Selon plusieurs sources concordantes, Pulchérie Gbalet aurait quitté la Côte d’Ivoire fin septembre, soit plusieurs jours avant la diffusion de son appel à manifester. Des témoins assurent l’avoir vue à Accra, avant qu’elle ne soit repérée à Bruxelles, où elle se trouverait actuellement. Ces déplacements auraient eu lieu avant même l’annonce publique de la mobilisation, laissant penser que la militante anticipait un durcissement sécuritaire à Abidjan. Les autorités n’ont pas encore confirmé cette version, mais certaines sources évoquent de possibles complicités lors de sa sortie du territoire.
Une figure de la société civile aux contours flous
Pulchérie Gbalet incarne depuis plusieurs années une figure controversée de la société civile ivoirienne. Entre syndicalisme, militantisme citoyen et positionnements politiques, elle brouille les frontières entre engagement social et opposition ouverte. Ses liens supposés avec des acteurs politiques en exil, notamment Guillaume Soro, alimentent les soupçons sur la nature réelle de son combat. Ses partisans la présentent comme une voix indépendante et courageuse, tandis que ses détracteurs y voient un instrument politique à distance.
Les précisions du parquet d’Abidjan
Le 16 octobre 2025, le procureur de la République, Oumar Koné Braman, a livré les premiers résultats de l’enquête ouverte après les manifestations du 11 octobre. Selon lui, plusieurs interpellations ont eu lieu et des éléments matériels saisis sur des téléphones portables prouvent que des instructions avaient été données pour provoquer des violences. « Contrairement à l’image d’une marche pacifique, nos investigations révèlent des consignes de perturbation et des projets d’attaques ciblées », a déclaré le magistrat, évoquant même des faits pouvant relever de la criminalité organisée ou du terrorisme.
Si sa présence à Bruxelles se confirme, Pulchérie Gbalet aurait ainsi choisi un repli stratégique pour éviter d’éventuelles poursuites judiciaires. Elle reste toutefois active sur les réseaux sociaux, d’où elle continue de dénoncer la “répression du pouvoir” et d’appeler à la “résistance pacifique”.Mais son départ avant la manifestation soulève des doutes, y compris dans son propre camp : plusieurs de ses partisans ont été arrêtés ou blessés, pendant qu’elle se mettait à l’abri. Un contraste qui alimente le débat sur la crédibilité et les motivations réelles de cette figure désormais insaisissable de la scène civique ivoirienne.
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