Gaza : l’Égypte forme des centaines de policiers palestiniens pour l’après-guerre
L'Égypte forme actuellement des centaines de policiers palestiniens dans l'objectif qu'ils intègrent, à terme, une force de maintien de l'ordre dans la bande de Gaza une fois la guerre terminée, a appris l'AFP auprès d'un responsable palestinien.
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- Par Paul-Rigobert Kouadio
- L’Égypte entraîne des forces de police palestiniennes en vue de sécuriser Gaza
La mise en œuvre d'un plan de formation pour 5.000 policiers palestiniens avait été annoncée en août par le ministre des Affaires étrangères égyptien, Badr Abdelatty, lors d'une rencontre avec le Premier ministre palestinien Mohammad Mustafa. Après de premières sessions en mars au Caire pour plus de 500 membres de la police, ces formations de deux mois ont repris depuis septembre pour des centaines d'autres participants. «Nous voulons un arrêt permanent de la guerre (...) et sommes impatients de servir notre pays et nos concitoyens», a dit à l'AFP un policier palestinien de 26 ans, s'affirmant «très heureux» d'y avoir participé. Il souhaite la création d'une force de sécurité «indépendante, loyale uniquement à la Palestine et qui ne serait pas soumise à des alliances ou objectifs extérieurs».
Les stagiaires sont appelés à faire partie d'une force de 5.000 policiers, tous Gazaouis, rémunérés par l'Autorité palestinienne qui siège à Ramallah, en Cisjordanie occupée, a précisé le responsable palestinien. «Nous avons reçu une formation opérationnelle remarquable, avec des équipements modernes pour la surveillance des frontières», a témoigné un lieutenant palestinien ayant également requis l'anonymat pour des raisons de sécurité.
Le «rêve de création» d'un État
Cet officier, qui a quitté Gaza avec sa famille en 2024, a indiqué avoir suivi des cours centrés sur les «conséquences» de l'attaque du Hamas en Israël du 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza, et ses «dégâts» pour la cause palestinienne. L'accent a également été mis sur le rôle de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) en tant qu'unique représentant légitime des Palestiniens, et sur la «protection du rêve de création» d'un État palestinien.
Un haut responsable sécuritaire de l'Autorité palestinienne a confirmé que son président, Mahmoud Abbas, avait donné instruction au ministre de l'Intérieur, Ziad Hab al-Reeh, de se coordonner avec l'Égypte pour former de nouvelles forces de sécurité pour Gaza. Lors de discussions parrainées par l'Égypte fin 2024, les mouvements palestiniens - dont les deux principaux, le Hamas et le Fatah de M. Abbas - étaient convenus du principe d'une force d'environ 10.000 policiers: 5.000 formés par l'Égypte et autant issus de la police de Gaza, sous l'autorité du Hamas depuis 2007.
L'accord prévoit que cette force soit supervisée par un comité de technocrates, approuvé par les mouvements palestiniens, chargé d'administrer la bande de Gaza à l'issue de la guerre. Un haut cadre du Hamas a confirmé à l'AFP que le mouvement islamiste soutenait «les détails liés à la sécurité et à la gestion de la bande de Gaza» convenus lors de ces échanges. Le plan du président américain Donald Trump, qui a permis l'entrée en vigueur le 10 octobre d'un fragile cessez-le-feu à Gaza, aborde aussi ce volet.
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