Le FMI débloque 32,7 millions de dollars après une revue favorable du programme burkinabè
Le Burkina Faso a obtenu un nouveau soutien financier du Fonds monétaire international (FMI), qui a validé un décaissement additionnel de 32,7 millions de dollars dans le cadre de la quatrième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC). Ce financement, qui porte à 130,8 millions de dollars le total déjà accordé au pays, intervient dans un contexte économique contrasté, où la hausse des cours de l’or soutient la croissance tandis que les défis sécuritaires et budgétaires restent considérables.
Économie

- Par Armand Kaboré
- Le chef de la junte burkinabé Ibrahim Traoré.
Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé, vendredi, être parvenu à un accord avec les autorités burkinabè pour un décaissement de 32,7 millions de dollars dans le cadre de la quatrième revue du programme appuyé par la Facilité élargie de crédit (FEC). Cette décision fait suite à une mission technique du Fonds à Ouagadougou, conduite du 29 octobre au 12 novembre 2025.
Ce nouveau financement portera le total des décaissements du FMI en faveur du Burkina Faso à environ 130,8 millions de dollars depuis l’approbation du programme en septembre 2023. L’institution internationale souligne que les autorités ont maintenu une trajectoire macroéconomique jugée globalement satisfaisante malgré un environnement régional difficile et un contexte sécuritaire tendu. Selon le FMI, l’économie burkinabè bénéficie actuellement d’un soutien inattendu : la hausse spectaculaire des prix internationaux de l’or, principal produit d’exportation du pays. Associée aux réformes engagées dans le secteur minier, cette dynamique devrait porter la croissance du PIB réel à 5 % en 2025, avec une tendance robuste également attendue pour 2026.
Jaroslaw Wieczorek, chef de mission du FMI pour le Burkina Faso, a salué les performances budgétaires enregistrées au premier semestre 2025. Il rappelle que les autorités ont respecté les principaux critères de convergence, notamment en matière de déficit primaire et de financement intérieur : « Les engagements pris dans le cadre du programme ont été tenus, à l’exception d’un seul objectif indicatif », a-t-il précisé dans le communiqué.
Le maintien de ces efforts est toutefois crucial pour la suite du programme, alors que les autorités burkinabè se sont engagées à ramener progressivement le déficit budgétaire vers les normes communautaires de l’UEMOA. Le FMI appelle à poursuivre la mobilisation des recettes, à renforcer la transparence budgétaire et à améliorer l’efficacité des dépenses publiques, notamment dans les secteurs sociaux et sécuritaires. Ce nouveau décaissement constitue un signal de confiance pour Ouagadougou, au moment où le pays fait face à d’importantes dépenses sécuritaires liées à la lutte contre les groupes armés, mais cherche également à préserver l’équilibre de ses finances publiques. Le gouvernement burkinabè voit dans cet accord une reconnaissance de ses efforts de stabilisation économique et souhaite désormais accélérer la mise en œuvre des réformes structurelles prévues dans le cadre du programme FEC.
Avec ce soutien renouvelé, le Burkina Faso espère consolider sa reprise économique tout en renforçant sa résilience face aux chocs externes et à l’insécurité persistante.
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